Tarahumaras * Mexique

MEXICO

Une cinquantaine de tarahumaras, une communauté indigène de l’Etat de Chihuahua, se seraient suicidées ces dernières semaines à cause de la sécheresse et du froid qui y sévissent. Situation et portrait de cette ethnie

Le leader paysan, Ramon Gardea, a affirmé qu’une cinquantaine detarahumaras, se seraient récemment suicidées. La pauvreté et la malnutrition de cette ethnie ont été accentuées par la sécheresse et le froid (lire: CLIMAT – L’Etat de Durango dévasté par une sécheresse historique). Une autre organisation paysanne, El Barzon, annonçait quant à elle que 6 personnes au moins seraient mortes de faim à Carichi, dans le sud-ouest de l’Etat de Chihuahua.
Un plan d’alimentation d’urgence a été mis en place et circule dans la Sierra Tarahumara pour venir en aide à quelques 50 000 familles souffrant de malnutrition. Des points de collecte (centros de acopio) ont été installés dans de nombreux Etats. Au D.F., il est possible de donner nourriture, couvertures et médicaments dans de nombreux centres de collecte, dont un au Zocalo et un autre au Ministère de la Protection Civile du DF, 671 avenue Patriotismo.

Photo: Emilie Derian

Les Rarámuris (ou Tarahumaras)
Le mot rarámuri veut dire “coureur à pied”. Cette ethnie se distingue par sa philosophie: elle accorde plus de valeur aux personnes qu’aux choses. Son organisation sociale est démocratique et harmonieuse, personne n’a plus qu’un autre, et chacun doit travailler ou avoir une responsabilité au sein du groupe. Les Rarámuris appliquent une sorte de communisme agraire où n’existent ni propriété privée ni pouvoir centralisé.
Le partager est la base de leur sociabilité. De fait, lorsqu’une personne bénéficie du travail communautaire, elle doit en échange remercier tous les participants en leur préparant une boisson fermentée de maïs: le tesgüino.

Peuple d’agriculteurs, les hommes se consacrent à la culture du maïs et des haricots rouges, les bases de leur alimentation, indispensables à leur survie. De leur côté, les femmes s’occupent du foyer, des enfants et de la fabrication d’artisanat.

Zone géographique
Ils vivent dans les canyons de l’Etat de Chihuahua, dans la Sierra Tarahumara,une zone de grande biodiversité et beauté.
Population nomade en parfaite symbiose avec la nature qui les entoure, certains ont pris l’habitude de migrer selon les saisons: l’hiver dans le fond des gorges, bénéficiant ainsi d’un climat tropical, et le reste du temps sur les hauts plateaux qui offrent un climat tempéré du printemps au début de l’automne. Pour ceux qui ont choisi de vivre sur les plateaux, plusieurs types d’habitation sont à leur disposition: des chalets en bois et des cavernes. Sans électricité, ni eau courante, une seule pièce accueille toute la famille, éclairée et réchauffée par un feu qui fait l’objet de toutes les attentions.

Coutumes et traditions
Religion et croyances tiennent une très grande place auprès desTarahuamaras. En dehors de leur temps de travail, l’essentiel de la vie duTarahumaras est consacrée à la contemplation. Un système de pensée qui repose sur une quête spirituelle du bonheur et l’élévation de la conscience personnelle.

Leurs pratiques sont le fruit d’un mélange entre le catholicisme, amené par les Jésuites pendant la colonisation du Mexique, et de nombreux rites ancestraux. Aux rencontres dominicales à l’Église s’ajoutent des cérémonies en l’honneur des astres et en particulier le soleil et la lune. Des rituels qui impliquent la consommation de Peyotl – un cactus procurant des effets hallucinogènes très puissants – sur le rythme répétitif de tambourins.

Toute aussi traditionnel, le rarajípari (“carrera de bola”), une course d’endurance d’hommes relançant du pied une boule de bois sur une distance définie par un pari, parfois durant deux jours ou sur près de 200 Km, et l’ariweta (“juego de palillo”) une course de femmes rattrapant dans la foulée, du bout d’une canne, un anneau qu’elles projettent aussitôt en avant.

Même si beaucoup ont adopté la mode vestimentaire occidentale, comme le jean, les femmes portent toujours des jupes plissées et des chemisiers de couleurs vives, et les hommes arborent d’amples chemises blanches ou de couleur avec un col et de longues manches, et un pagne ou cache- sexe en tissu. Parfois ils s’habillent de couvertures (sarapes) et tous se chaussent des sandales traditionnelles (akaka). Le Koyera, un ruban pour les cheveux, est un signe distinctif de ce peuple.

Une intégrité menacée
Leur culture est menacée par la pression du tourisme, les déforestations qui aggravent la sécheresse, l’appropriation de leurs terres pour construire un inutile aéroport à Creel, les Jésuites et les ONG qui persistent à interférer dans leur manière de vivre et les narcotrafiquants qui exploitent les communautés en les obligeant à cultiver la marijuana.

Anthony Groussard et Romain Monnier (www.lepetitjournal/mexico) mardi 17 janvier 2012

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