The Rolling Sones

Mes Stones retrouvés

Leçon du dimanche au Centre Bell: ne jamais sous-estimer ses héros

10 juin 2013 | Sylvain Cormier | Musique
imageEn 2003, j’avais abdiqué. « Show fatigué pour foule fatiguée », titrais-je. En 2006, je les avais trouvés ragaillardis, Keith « jouait pour jouer », Mick « ne faisait pas que son numéro de Mick ». Un vrai bon show des Stones. Indécemment près de la scène centrale, j’avais pourtant regardé ça de loin. J’étais, comment dire… au musée de mes Rolling Stones. Pas mécontent de ma visite, voire ému par la revisite d’As Tears Go By, première compo du tandem Jagger-Richards. Mais distancié.
Dimanche soir au même Centre Bell, alors que je n’attendais rien de ces Stones plus ou moins septuagénaires et de leur tournée anniversaire 50 And Counting, il s’est passé ceci : nous étions là. Eux, moi, tous. Dans le même présent, pas avec le même passé en bagage, mais au rendez-vous. Le film d’intro, où des fans de toutes époques témoignaient (dont Johnny Depp, Martin Scorcese, Iggy Pop…) donnait le ton : qu’importe le point d’ancrage, les Stones, c’est les Stones, et les Stones ensemble sur scène, c’est notre rock.

Peut-être la décision de démarrer avec Get Off Of My Cloud, avec la frappe décisive de Charlie Watts, la séquence d’accords qui monte et descend, archétype de cent mille rocks de garage, était-elle particulièrement saisissante : c’était à nouveau l’appel, l’impulsion originelle, la base de la base du riff stonien et du refrain à scander : « Hey ! HEY ! You ! YOU ! Get Off Of My Cloud ! » Impératif !

J’ai bondi de joie, dansé le jerk, comme si j’avais été au vieux Forum en 1966 (où la chanson était au programme) : je renaissais au rock, merci les Stones. Paint It Black, pareillement, avait du tonus dans les arpèges, la bonne attaque de Charlie : ce qu’il fallait pour se justifier un présent ET un passé à la fois.

Et si Gimme Shelter manquait un peu de drame (et It’s Only Rock’n’Roll (But I Like It) un peu de tork), le doublé Wild Horses-Dead Flowers de l’album Sticky Fingers était de l’ordre du rêve fou exaucé du fan fini : Flowers, gagnante du vote Internet pour Montréal, ramenait les Stones à leur plus jouissivement country, et Horses est rien de moins que… la belle des belles du répertoire folk-americana du groupe. Merveilles. Je mesurais ma chance, tâtais mon fabuleux billet : moi qui croyais en avoir fini avec mes héros, voilà qu’ils me flanquaient ça dans les dents. Chenapans !

Après, c’était tout boni, The Last Time avec Win Butler d’Arcade Fire (comme à Saturday Night Live), Midnight Rambler avec Mick Taylor rapatrié entre Ronnie Wood et Keith (et Mick déchaîné à l’harmonica), You Got The Silver et Happy chantés par un Keith radieux et en voix, etc. J’étais heureux, mes Stones retrouvés. Non, la fin n’est pas toujours la fin.
http://www.ledevoir.com/culture/musique/380369/mes-stones-retrouves 

Palabras / Words 479    

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