Leonardo

500 ans d’histoires autour de Léonard de Vinci

Daniel Arasse indiquait que « Dieu mis à part, Léonard de Vinci est sans doute l’artiste sur lequel on a le plus écrit ». Ne soyons donc pas étonnés de voir tant d’événements l’année célébrant le 500èmeanniversaire de sa mort.

Énigmatique, légendaire et paradoxal, Léonard de Vinci est mort le 2 mai 1519 à Amboise, dans le château du Clos Lucé, mis à sa disposition par François 1er. Qualifié de génie, l’homme a été particulièrement prolifique tout au long de sa vie. Mais que nous reste-t-il de son œuvre monumentale ? Nous n’avons conservé qu’une vingtaine d’œuvres picturales, mais environ 6000 pages de ses carnets (mêlant textes, dessins, croquis, poésies, etc.) nous sont parvenues ; lesquelles ont permis la reconstitution de nombreuses inventions que l’on peut découvrir dans les différents musées qui lui sont consacrés, à Rome.

Quelques éléments biographiques

Leonardo di ser Piero, dit Leonardo da Vinci, naît le 15 avril 1452 à Vinci (petite ville à proximité de Florence). Il est le fruit d’un amour illégitime entre un notaire, ser Piero, et une paysanne ; raison pour laquelle il ne reçut pas une éducation classique. En effet, à l’époque, on interdisait à un enfant né hors mariage de suivre des études universitaires ; son père décida de fait de le placer chez le sculpteur Verrocchio à partir de 1472, où il apprit et mit en pratique de nouveaux savoirs et techniques. À 26 ans, il quitte son maître pour perfectionner sa technique du sfumato qui adoucit les contrastes et rend plus réels les paysages et portraits.

Une vie italienne

À partir de 1481, il se met au service de Ludovic Sforza, à Milan. C’est à ce moment qu’il réalise le célèbre tableau La Cène et travaille à l’urbanisation de la ville en tant qu’ingénieur. Après les affrontements entre les cités de Toscane et les Français, Léonard de Vinci fuit quelques temps à Venise, où il conçoit notamment un scaphandre à casque pour explorer les fonds marins. Il finit par revenir à Florence vers 1500 et en 1503, où il entame le Portrait de Monna Lisa, qui deviendra La Joconde. Puis, il se met au service des Médicis à Rome, ses mécènes depuis longtemps. C’est là qu’il connaît une rude concurrence avec Raphaël et Michel-Ange …

Une vie à la française

En 1515, après la bataille de Marignan, François 1er, qui a conquis le pays milanais, invite Léonard de Vinci en France. L’artiste, tombé en disgrâce aux yeux des Médicis, s’installe l’année suivante, à 63 ans, au Clos-Lucé, à proximité du château d’Amboise. Ayant emporté avec lui son précieux tableau de La Joconde, il le cède avec d’autres œuvres au roi en échange d’une pension annuelle (700 écus d’or). Durant son séjour en France, il conçoit des costumes et mécanismes de scène pour les fêtes de François 1er. Malade, l’artiste meurt en 1519.

Portrait d’un ingénieur

C’est lorsqu’il séjourne à Milan, à partir de 1481, que Léonard de Vinci constitue sa culture militaire ; jusqu’en 1490, il se forme et apprend le vocabulaire des ingénieurs et rencontre les architectes militaires de l’arsenal de la forteresse de Sforza. À cette époque, la Lombardie est en guerre avec Venise et l’on fait appel aux ingénieurs pour améliorer les machines de guerre.

Portrait d’un anatomiste

L’étude de l’anatomie était véritablement essentielle au travail du peintre à ses yeux. C’est la raison pour laquelle il approfondit ses connaissances anatomiques en observant et en analysant des dessins, des sculptures à travers les âges, des squelettes, cadavres, etc. De fait, on lui doit l’un des premiers dessins scientifiques d’un fœtus dans l’utérus, ainsi que des dessins représentant le corps humain d’une étonnante précision. Véritable bâtisseur du corps humain, il imagine un corps aux proportions parfaites, représenté sous les traits de L’homme de Vitruve. Son projet de Traité général d’anatomie n’a malheureusement pu être mené jusqu’à son terme.

Quelques expositions à Rome

Léonard de Vinci a vécu à Rome durant trois ans, de 1513 à 1515, passant la majeure partie de son temps au Vatican. Aujourd’hui, la ville accueille deux expositions permanentes sur la vie et les inventions du maître: Léonard de Vinci: il genio e le invenzioni au palais de la Cancelleria près de Campo de ‘Fiori et le musée Léonard de Vinci à l’église de S. Maria del Popolo.

La Scuderie del Quirinale accueille une exposition temporaire d’œuvres qui permettent de mieux comprendre les avancées techniques et scientifiques de l’artiste dans le contexte culturel de son époque. Le Vatican, quant à lui, expose St Jérôme inachevé sur la Place Saint-Pierre. Enfin, l’aéroport de Fiumicino, qui se nomme Léonard de Vinci, rend également hommage au visionnaire et à ses anticipations légendaires, avec une réplique à grande échelle de l’une de ses célèbres machines volantes, exposée jusqu’en janvier 2020.
https://lepetitjournal.com/rome/500-ans-dhistoires-autour-de-leonard-de-vinci-256272

Karine Gauthey

Karine Gauthey

Karine Gauthey est professeure de lettres et historienne. Passionnée par l’histoire de l’art, les mythes et l’antiquité, elle a décidé de poser ses valises à Rome après être tombée amoureuse de la ville durant son échange Erasmus il y a quelques années.

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